2 mots sur... les aidants des personnes âgées dépendantes

08/05/2019

Le 9 mai dernier, nous avons discuté en séance publique d'une intéressante proposition de loi du groupe Modem visant à favoriser la reconnaissance des proches aidants.

Le groupe La REM, après avoir voté pour les amendements que nous portions en commission lors de la 1ère lecture, a fait le curieux choix de rejeter l’ensemble du texte.

En séance, il n’est plus resté que deux articles, vidés de leur substance. Mais c'est une petite avancée que nous avons soutenue lors du vote final.

Les Sénateurs, moins dociles que la majorité, ont souhaité avancer de façon constructive avec le Gouvernement afin d’obtenir un vote conforme en seconde lecture et aboutir à un texte avant l’été.

Ils ont réussi à ajouter deux mesures : la première consiste à rationaliser le financement des actions spécifiques aux aidants, la seconde permettra à l’aidant d’inscrire son nom au dossier médical partagé de la personne aidée.

Le Sénat propose que l’identification du proche aidant figure au sein du dossier médical partagé de la personne aidée, avec toutes les garanties de protection et de confidentialité ouvertes pour la personne aidant et la personne aidée.

On ne peut que saluer cette initiative dont on espère qu’elle sera maintenue.

Il est des dispositions qui doivent faire consensus, malgré les consignes, malgré les arguments quelques peu éculés de concertation en cours dans le cadre d’une grande loi sur la dépendance.

N’attendons plus et saisissons la perche qui nous est tendue par nos collègues du MoDem et facilitons autant que possible le travail des aidants. Ils sont indispensables à la prise en charge des personnes dépendantes.

Qu’a minima, aujourd’hui, nous leur facilitions un tant soit peu leur vie qu’ils mettent si généreusement au service d’un malade, avant bien sûr, ce grand projet de loi sur la dépendance qui résoudra probablement tous leurs problèmes.

Je salue le travail en profondeur du Sénat, et regrette l’attitude de fermeture de la majorité En Marche, qui refuse toute avancée lorsqu’elle ne vient pas de ses rangs.

2 mots sur… le Président dans le grand débat national

12/02/2019

La décision du Conseil d’Etat du 8 avril 2009 a enjoint le Conseil supérieur de l’audiovisuel de considérer les interventions médiatiques du Président de la République comme ne pouvant être « étrangères, par principe et sans aucune distinction selon leur contenu et leur contexte, au débat politique national et, par conséquent, à l’appréciation de l’équilibre à rechercher entre les courants d’opinion politiques »

 

Depuis le 16 janvier 2019, les chaînes d’information en continu ont diffusé, en même temps, approximativement trente-quatre heures de réunions publiques animées par le Chef de l’Etat sous couvert du « grand débat national », sans compter les diffusions d’extraits a posteriori.

 

Alors que ce « débat national » devait être l’occasion pour l’Exécutif de redonner la parole aux Français, voilà maintenant près de trois semaines que nous assistons à ce qui constitue un exercice politique du Chef de l’Etat à quelques mois de l’élection européenne.

 

Or, si la campagne électorale officielle, y compris audiovisuelle, ne s’ouvrira que le 13 mai, les nombreuses interventions du Président de la République sur les grands sujets politiques, y compris européens, mais également celles de membres du Gouvernement s’exprimant régulièrement à la télévision ou à la radio, semblent contradictoires avec la période de réserve pré-électorale.

 

Depuis le 1er janvier 2018, le pouvoir exécutif se voit réserver un accès à l’antenne correspondant au tiers du temps total d’intervention. Dans ce temps de parole, sont décomptées les interventions : du Président de la République, des collaborateurs du Président de la République et des membres du Gouvernement.

 

Le reste du temps total d’intervention est réparti selon le principe d’équité entre les partis et mouvements politiques « qui expriment les grandes orientations de la vie politique nationale ».

 

Dans une période où la confiance des Français envers les médias et les politiques est largement égratignée, on ne peut que souhaiter que ce principe d’équité soit fermement respecté !

Après interrogation, le Conseil supérieur de l'Audiovisuel a confirmé qu'en application de la délibération n°2017-62 du Conseil du 22 novembre 2017 relative au principe de pluralisme politique, "les éditeurs prennent en compte les interventions du président de la République qui, en raison de leur contenu et de leur contexte, relève,t du débat politique national, au sens de la décision du Conseil d'Etat du 8 avril 2009".

Garant de l'expression pluraliste des courants de pensées et d'opinion, le Conseil confirme que les propos tenus par le président de la République, notamment lors de rencontres organisées avec des élus ou avec la population et dès lors qu'ils portent sur les résultats et les perspectives de l'action des pouvoirs publics, relèvent du débat public national. Ils seront décomptés au titre du temps total d'intervention imparti aux représentants du pouvoir exécutif. Comme le prévoit par ailleurs la même délibération, cette appréciation sera effectuée sur une base trimestrielle et service par service. Par ailleurs, une fois le décret de convocation des électeurs pour les élections européennes publié au Journal Officiel, le Conseil adoptera par voie de recommandation les règles spécifiques applicables à ce scrutin et la date à partir de laquelle elles entreront en vigueur.

2 mots sur... Parcoursup

27/01/2019

La plateforme Parcoursup aurait permis à 95 % des bacheliers ayant formulé un vœu, de recevoir une proposition, toutes phases d’admission confondue selon une note publiée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en octobre dernier.

Le pourcentage de bacheliers ayant obtenu une proposition d’admission est équivalent à celui de l’année dernière, qui était de 94,5 %, indique la note du ministère. 3,3 % n’ont reçu que des réponses négatives, et 2,3 % ont démissionné alors qu’il leur restait des propositions en attente malgré certains «non» reçus.

Le document de cette année indique aussi que presque trois quarts des candidats de la série générale (71 %), et environ la moitié des candidats de séries technologique (50 %) ou professionnelle (45 %), ont reçu une réponse positive dès le premier jour sur Parcoursup. La durée moyenne d’attente avant la première proposition est de 8 jours. Elle est nettement plus courte pour les élèves de série générale (4 jours), que les séries technologiques (12 jours) et professionnelle (17 jours), indique encore le document ministériel.

Les défauts de parcoursup sont connus et seront sans doute corrigés, lenteur du processus, attente angoissante…

On ne peut que se féliciter de ces bons résultats.

Cela dit, plusieurs questions peuvent se poser :

Qui sont et que deviennent les quelque 20 % de candidats, voire davantage, qui sont sortis du système Parcoursup sans donner signe de vie ?

Qu’est-il envisagé de faire pour remettre à niveau les bacheliers, notamment professionnels, que les universités n’ont pas jugés suffisamment bons pour aborder immédiatement des études supérieures ? Quels sont les chantiers ouverts avec les collectivités locales sur ce sujet ?

Quels moyens seront donnés aux lycées pour renforcer l’indispensable travail d’information et d’orientation des futurs bacheliers — et aux universités pour évaluer les demandes ?

 

Etant donné qu’il n’y a plus de hiérarchisation des vœux, au-delà d’un satisfecit numérique, les étudiants sont-ils contents des résultats obtenus ? Comment savoir s’il n’y a pas eu des acceptations par défaut qui ne feraient que relancer le problème de la « perte » de la 1ere année... ?

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